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Format : Talkshow
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We had set a deadline in order to complete the preparation, and it was : 6.4.2012.
The date being past now, the subject under its finalized aspect will soon be published, as a result of our collaboration.And it does not mean you can’t keep on commenting it below! (it may indicate to everyone the next episode’s theme)
Je vous le dis tout net : je me contrefous qu'un grand patrion ait négocié pour lui-même un immense salaire astronomique. LE VRAI SYMBOLE CONTRE LEQUEL il faut lutter, n'en déplaise aux démagos de service, et d'ailleurs ce n'est pas qu'un symbole, on se trompe de débat, c'est celui des clauses outrageusement léonines des grands groupes qui exercent une pression insane sur les petits.
Allez, je me mouille.
Il y a en actuellement 3 avec qui je BATAILLE littéralement, moi, petite patron de star-up, depuis septembre, octobre et novembre, parce que je suis en train de livrer des jobs pour elles, j'ai engagé des frais et des ressources, des salariés et des intermittents que MOI je paye en fin de mois voire sur le champ, et croyez-le ou non, leurs processus Achats sont si complexes que je n'ai toujours aucun bon de commande !
sic : AUCUNE bon de commande !
Ce n'est pas faute d'être référencé aux Achats: re-sic !
Je bénéficie d'un contrat-cadre seulement voilà : je rampe littéralement au sol pour obtenir une simple commande formalisée.
Vous n’imaginez pas comme c’est humiliant.
En effet, vous demandez poliment un bon de commande, un contrat fort simple.
Face à un client qui lui, sous pression, vous supplie de lui faire confiance. Vous avancez alors, vous produisez, mais pourquoi ? - Parce que c'est le prestataire le plus arrangeant qui l'emporte alors hors de question de contrarier votre charmant interlocuteur. D'ailleurs fort probablement sincère quant à lui, déresponsabilisé par son département des Achats.
TOUT LE MONDE le dit, mais personne ne peut se permettre de le dire sur la place publique : les grands groupes ont des méthodes de prolongement du paiement absolument sordides.
Je poursuis mon récit : vous vous attendez, après avoir été décontracté sur la commande (même si un devis est émis etc.), à un bon de commande 3 ou 10 jours plus tard à tout casser.
Moi, ça fait pour ces 3 clients des mois, et j'ai trois grands groupes dans le collimateur pour ça.
Je le jure devant Dieu : non seulement je ne suis pas laxiste dans mes relances, mais je suis aussi borné qu'une arapède sur son rocher.
Alors bien sûr, je suis en quelque sorte protégé si l'on peut dire par tous ces mails échangés et la réalité du job enclenché, oui je sais merci.
Mais je travaille sans filet.
J'accepte cette situation léonine faute de choix.
Le client sent que je commence à être tendu.
au détour des phrases et des échanges, étant que depuis des semaines il me demande de lui faire confiance: j'attends.
J'ai un autre collègue dans le conseil, il me dit avoir travaillé 10 mois (sic!!) avant d'être homologué aux Achats d'un grand groupe : pendant cette exploration qui monopolisait tous ses efforts, impossible de facturer un centime.
Le client (je parle là du bénéficiaire à peu près innocent, et non de l'acheteur procédural) commence à percevoir ma tension.
Mais il n'a pas ma vision, celle du petit patron anxieux de travailler de façon propre et structurante.
Moi, pour rester sur mon histoire et vous la donner en exemple, je me suis déjà assis l'an dernier sur 27K€ : nous avons trimé trois mois pour un grand groupe français et puis les Achats nous ont sorti en fin d'année que la commande n'était pas valide : le marketing s'était trompé, ne savait pas que cet acheteur était soit-disant bloqué par une directive européenne l'empêchant de nous commander trop de choses. or l'année avait été clairsemée d'autres commandes nous faisant dépasser ce montant théorique maximal...
Nous allons les attaquer bien sûr : mais quel dilemme, comment ne pas craindre de briser la relation commerciale ? Nous avons bien des mails explicite dans lesquels la commande est passée... et nous en avons d'autres dans lesquels le département marketing, contrit, navré de façon bouleversante, m'explique être sur la sellette et nous demande patience et indulgence. Certes.
Combien de TPE / PME patientes et indulgentes ont-elles coulé sur de grosses commandes à cause de ces "procéduraux" qui les tuent sans vergogne ?
Avec mes trois clients pénibles du moment, j'ai face à moi des gamins surdiplômés, fort sympathiques, mais qui n’ont jamais rien entrevu des souffrances abstraites de ces petits entrepreneurs qui les relancent pour ganger leur dû.
De fait, quand vous avez demandé 4 fois ce maudit bon de commande, eh bien... c'est cela la plus ineffable réalité, c'est là qu'est l'indicible tourment : vous passez presque pour le sale con de service.
Ils vous font sentir que vous n'êtes plus aussi fun, plus aussi "inspirationnel" qu'au début : terminé le petit frisson mondain de plaisir à l’idée de bosser avec vous et de capitaliser sur votre énergie positive .
ça, c'est l'autre sensation torturante : le client espère que vous restiez dévoué et souriant, et surtout créatif. Mais comment ne pas propager dans votre travail cette souffrance ?
On nous bassine avec la souffrance des salariés : navré. ce n'est rien à côté de celle des TPE qui se trouvent en bout de chaîne alimentaire à tous égards. Et j'ai une pensée très émue pour nos agriculteurs qui vivent cela à une puissance mille.
C'est cela le mal français : arrêtez tous de nous emmerder avec la fiscalité.
Soignons déjà le cadre du business : s'il devient plus structurant, on pourra aux moindres frais sauver des dizaines de milliers d'emplois.
Forcément, ces jours-ci, j'ai perdu un peu de mon aura de chic type : me voilà rouspéter, voire mendier pour obtenir un contrat sur une prestation démarrée. Etant donné que j'ai déjà perdu des plumes dans ce processus, et que je ne veux pas lancer un contentieux de 18 mois, et que par ailleurs la survie économique m'oblige à dire OUi à tout, je flippe.
je me moque aussi que les traders s'engraissent : mettre de la morale dans le capitalisme c'est protéger pour commencer les petits qui dynamisent l'économie.
Je plaide même pour reconnaître et annoncer à qui veut l'entendre que je me contrefous aussi des subventions de toutes natures : pas ma tasse de thé.
Je veux juste qu'il existe un cadre juridictionnel protégeant la commerce entre les gros et les petits : c'est possible, ça existe ailleurs.
Je suis le "lourd" de service quand je relance les services marketing de mes clients actuels, vous savez, les 3 fameux qui m'épuisent en ce moment : pourtant, « formaliser », ça, ils connaissent quand c’est pour respecter leurs sacro-saints process à eux, mais tous ces ahuris des Achats, formés à l'école des brebis galeuses, se moquent totalement quand ta TPE tente à son tour de plaider pour un minimum de structuration dans ses propres process.
Bref, ma plume n'est guère envolée cette nuit, je suis ulcéré, pardonnez-moi, et ce n'est pas comme si j'avais le temps : mais c'est justement cela le problème. Personne n'a ni le temps ni l'énergie, ni probablement le courage de parler de ces grands groupes sans éthique au quotidien et qui nous pourrissent pourtant en "social" et "green washing" à longueur de blogs.
Je partage avec des milliers d'autres entrepreneurs ces situations anxiogènes, et notre cause n'a finalement rien de sympathique.
Sa résolution aurait pourtant un fantastique impact structurel et économique.
Mais moi qui ai vécu 5 ans de vie pro intensive et créé deux boîtes aux US, je suis mortifié par l'absence de culture entrepreneuriale, au sens du respect des petits entrepreneurs, qui caractérise la France.
C'est une honte, une plaie absolue dans notre culture business, alors même que tant de grands groupes se positionnent en gentils bienfaiteurs de l'innovation pardi.
Et je voudrais vraiment donner sur nos plateaux TV la parole, je subventionne, je sponsorise si vous voulez, quiconque voudrait bien montrer une voie tenable pour créer un Small Business Act à la française : il est EVIDENT que c'est ce qui boosterait l'économie au moment où elle en a le plus besoin.
Je mets donc à disposition notre studio, le 6 avril de 19h à 20h, pour ouvrir le débat avec des spécialistes qui voudront bien s'investir sur ce sujet à long terme.
Merci de m'avoir lu et subi mon désarroi jusqu'ici, bien @ tous.